Lundi 1 juin 2020
Au fond du trou
Schubert sans mystère et sans poésie
Schubert // Philippe Cassard

Au recto, un hall délabré vu de haut, un escalier poussiéreux qui a dû être magnifique et, tout en bas, un piano déglingué ; au verso, une citation : « Abandonné de tous, la Mort pour seule parente, je m’arrête au bord de la tombe, la croix à la main, et je regarde, l’œil plein de désir, le fond du trou. » Quand certaines pochettes racolent avec des épaules dénudées, des sourires radieux et des effets vaporeux, en voilà une qui n’incite pas à la réjouissance. En gros : amateurs de plongées au fin fond de la déprime, précipitez-vous ! Mais après tout, la musique de Schubert navigue sans cesse entre thèmes populaires et atmosphère délétère, alors pourquoi pas ce parti pris ? Seulement, à force d’expliquer Schubert, ce qu’il fait extrêmement bien à la radio, dans un livre et dans ce livret, Philippe Cassard l’interprète sans frissons, sans amener l’auditeur à se laisser troubler par cette musique avec sa propre sensibilité. Quant aux trois valses qui forment une respiration entre les deux sonates, elles n’ont pas cet allant, ces envolées d’un Schubert, pour une fois insouciant – ou presque.
Gérard Pangon

Sonates pour piano D. 845 et D.850 ; Trois valses D.969 n°8, D.365 n°35 et 36
Philippe Cassard (piano)
1 CD La Dolce Volta LDV 72
1 h 16 min

mis en ligne le jeudi 30 avril 2020

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