Samedi 17 novembre 2018
Alto l’austérité
De la fluidité dans l’austérité avec l’altiste Ruth Killius dans Hindemith
Complete sonatas for viola solo

Jeune compositeur remarqué dès les années vingt, en particulier avec d’audacieux ouvrages lyriques comme Mörder, Hoffnung der Frauen et Sancta Susanna, mais aussi une musique de chambre sous l’influence bénéfique de Bach et Brahms, Hindemith fut en outre un violoniste et un altiste réputé. Avec pas moins de huit sonates pour cordes seules, trois pour violon, quatre pour alto et une pour violoncelle, il se rapproche de Bach, bien sûr – Passacaille du final de la Sonate op. 11 n° 5, mais explore davantage le registre de l’instrument, à l’image de l’exceptionnelle Sonate op. 31 n° 4 de 1923, d’un premier mouvement zébré de tournures obsessionnelles jusqu’aux soubresauts dramatiques du final, en passant par l’éloquent chant plaintif du Lied central. Un an plus tôt, la Sonate op. 25 n° 1 hésite entre aridité et virtuosité. Chassé par les Nazis, le compositeur écrit son ultime Sonate pour alto solo sur le sol américain, quinze ans plus tard (1937), retrouvant cet art subtil du contraste, sous une forme supérieurement déliée. Fondatrice du Quatuor Zehetmair aux côtés de son époux Thomas, Ruth Killius apporte  fraîcheur et fluidité à ces partitions réputées austères.               
Franck Mallet

Hindemith : Les quatre Sonates pour alto solo op. 11 n°5 / op. 25 n° 1 / op. 31 n° 4 / (1937)
Ruth Killius (alto)
1 CD NoMadMusic NMM 049 (PIAS)
1 h 08 min

mis en ligne le samedi 15 septembre 2018

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