Jeudi 20 juin 2019
Alexandre au boudoir
Un beau programme en quête de caractère
Xavier Sabata - L'Alessandro amante

Alexandre le Grand eut la faveur d’un nombre record de compositeurs baroques aussi divers que Haendel et son rival Bononcini ; Porpora, Vinci et Léo, Napolitains tous trois, et contemporains ; et nombre d'autres moins connus. Dans ce CD, point de batailles, Alexandre est passé du champ de bataille au boudoir, veste rose et nœud papillon rouge des plus baroques. Il y aurait autant d’Alexandres que d’opéras, dixit le texte d’accompagnement ? Xavier Sabata y va de son timbre velouté et de ses émissions voilées, voire maniérées, et malgré la diversité annoncée, hormis les passages virtuoses, traverse onze Alexandres de façon univoque. Pour cause : Omne animal triste post coïtum, Alexandre Le Grand ou pas. Proprement chanté mais interprété sans grand effort d’expressivité, cet Allessandro Amante mérite d’être picoré, car derrière l’apparente répétitivité se cachent des pépites rarement jouées et d’autres représentées pour la première fois. Les deux Poro (celui de Haendel et celui de Porpora) sont charmeurs, tandis qu’Antonio Draghi (La Vittoria della fortezza) ou G.B. Pescetti (Alessandro nell’Indie), par exemple, montrent, une fois de plus, l’importance d’aller chercher dans les compositeurs dits seconds pour y trouver des merveilles et du caractère. Et une autre découverte est celle de l’ensemble qui accompagne Xavier Sabata, Vespres d’Arnadi, qui apporte de la subtilité et du contraste là où Sabata amante en manque. 
Albéric Lagier

Extraits d'opéras de Bononcini, Draghi, Haendel, Leo, Mancini, Pescetti, Porpora, Steffani, Vinci
Xavier Sabata
Vespres d’Arnadi
Direction musicale : Dani Espasa
1 CD Aparté AP 192
1 h 04 min

mis en ligne le mardi 8 janvier 2019

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