Vendredi 18 octobre 2019
Ah! les beaux bis de Say
Le pianiste turc dans ses pompes et ses œuvres
Say plays Say

Fazil Say ratisse large. Les compositions en plages 1 à 9, un cocktail de Richard Clayderman et Yann Tiersen saupoudré de Phil Glass, devraient séduire les ascensoristes, aéroports, professions médicales en tous genres, centres de massage zen et autres lieux bio. Say y écharpe au passage Mozart avec, la cible est aisée, une Marche turque qui ne demandait pas tant de considération. La même peine capitale sera infligée plus tard à Wagner (plages 18 et 19), sur des passages non identifiables de Tristan. Les plages 10 à 17 présentent quant à elles des compositions plus appliquées dans le genre musique "classico-contemporaine tonale et mélodique sur fond de répertoire populaire" (ici anatolien), qui pourraient réconcilier un large auditoire fâché avec la musique académique – celle des conservatoires – d’aujourd’hui. Toutes ces pièces, ainsi que d’autres qui ne figurent pas au programme, Say les joue régulièrement en bis de ses concerts, en citant, humblement, Tarkovski : Si l’artiste existe, c’est parce que le monde n’est pas parfait. Say aurait pu, pour lui-même, bisser cet aphorisme en ajoutant que si l'artiste était parfait, le monde ne serait pas ce qu’il est.
Albéric Lagier

Fazil Say, pièces diverses - Four dances of Nasreddin Hodja, op1 - Fantasy Pieces, op.2 - Nietzsche und Wagner, op.49
Fazil Say (piano)
1 CD Naïve V 5400
1 h 02 min

mis en ligne le vendredi 10 octobre 2014

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