Mardi 27 juin 2017
L' Art de la fugue et de la poésie
Célimène Daudet main dans la main avec Jean-Sébastien Bach
L\'Art de la fugue

Célimène Daudet n’en est pas à ses premières armes dans l’Art de la fugue. Sur scène, seule ou avec Yoann Bourgeois – jongleur ? danseur ? lui-même a du mal à se définir  – elle fait tomber l’Art de la fugue de son haut piédestal, pour en faire une œuvre accessible à tous, par cet art difficile de la mise à portée de chacun, sans vulgarité. Elle entre dans la partition en en pétrissant la matière, dit-elle, d’un geste d’artisan plutôt que de savant, avec un brin de décontraction empreinte de respect. Son toucher singulier, qui allie le délié du burin et le velouté d’une main attentive, assure clarté de la narration et équilibre des voix. Sachant étirer le temps (Contrapunctus I) ou le rendre enivrant (Contrapunctus 9), dès les premières mesures, Célimène Daudet s’impose avec une force jamais brutale. C’est finalement la simplicité et l’évidence de son jeu qui séduisent, l’air de dire sans prétention : et si l’Art (de la fugue), oeuvre inachevée, c’était ça, aussi ? Sans école ni style autres que les siens, cette poétesse semble capable de tout aborder, sauf Schumann dit-elle encore, peut-être désorientée par la rencontre avec un poète de sa trempe. Voilà une artiste mûrie aux confluences d’expériences pas uniquement pianistiques, loin d’avoir épuisé sa course.
Albéric Lagier

L'Art de la fugue, BWV 1080
Célimène Daudet (piano)
1 CD Arion ARN 68830
1 h 18 min

mis en ligne le mardi 20 août 2013

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