Vendredi 22 septembre 2017
Flûte à bec seule et fade
Lorenzo Cavasanti réduit Telemann
Telemann - Sonate à flauto solo

Si l’on met de côté un abondant répertoire folklorique de tous pays, les maîtres de la flute à bec n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent – deux ou trois partitions de Bach tout au plus. Ils sont alors réduits à l’art sans fin de la transcription. Lorenzo Cavasanti jette son dévolu sur Telemann, grand flûtiste, mais pas à bec. Querelles de famille sans doutes, Cavasanti a pioché dans le répertoire (principalement) pour violon. Sans vouloir faire injure aux joueurs de flûte à bec, l’instrument, préhistorique, n’a pas la richesse harmonique de sa sœur puinée, et moins encore du violon. Il en résulte des sonates bien affadies pour le commun des mélomanes. Dommage, car ces œuvres sont toutes très représentatives de l’art de Telemann : son inventivité, ses audaces, son goût réuni pour les styles allemand, français et italien, ses diversités d’affect. Mais, ce faisant, Cavasanti fait d’une pierre deux coups : inciter les mélomanes à aller écouter ou ré-écouter les originaux, et combler les flûtistes à bec solitaires saturés de folklore pastoral, en voyant la discographie classique prendre de l’ampleur par ce seul enregistrement.
Albéric Lagier

Sonates TWV 41:d3, a5, h5, f3, e11,d4
Lorenzo Cavasanti (flûte à bec), Sergio Ciomei (clavecin), Caroline Boersma (violoncelle)
1 CD Arcana A433
56 min

mis en ligne le dimanche 13 août 2017

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