Jeudi 14 décembre 2017
Mer d'huile
Le Britannique Robin Ticciati s'égare chez Fauré et Debussy
La Mer - Ariettes oubliées - Pelléas et Mélisande

Déjà directeur musical du très huppé festival lyrique de Glyndebourne, Robin Ticciati, trente-quatre ans, s’est taillé dans la foulée de ses compatriotes Colin Davis et John Eliot Gardiner une belle réputation dans Berlioz (Linn Records). Avec le Deutsche-Symphonie Orchestrer de Berlin dont il prend les rênes cette saison, c’est à Fauré et Debussy qu’il se mesure. Le résultat est moins probant. Est-ce en partie la faute de l’orchestre, très germanique de son, ou d’une prise de son plutôt globale (réalisée à la Jesus-Christus-Kirche de Berlin) ? Si le prélude de Pénélope, unique et méconnu opéra de Fauré, profite de la puissance de l’orchestre et de la veine lyrique du chef, Pelléas et Mélisande, musique de scène pour la pièce de Maeterlinck orchestrée tout en finesse par Charles Koechlin, regarde vers Richard Strauss, ce qui ne lui va pas vraiment. La Mer de Debussy s’accommode mieux des sonorités capiteuses de l’ensemble, mais on dirait que Robin Ticciati tente d’en gommer les géniales aspérités pour en faire une grande pièce mélodique. On s’ennuie un peu, si loin des transparences er fulgurances bouléziennes. Quant à Magdalena Kozena dans les Ariettes oubliées du même Debussy assez habilement orchestrées par Brett Dean, elle a du timbre, du style et de la diction, mais semble, elle aussi, s’ennuyer.
François Lafon

Gabriel Fauré : Pénélope (prélude), Pelléas et Mélisande (orchestration Charles Koechlin) – Claude Debussy : Ariettes oubliées (arr. Breat Dean), La Mer
Magdalena Kozena (mezzo-soprano)
Deutsche-Symphonie Orchestrer, Berlin
Direction musicale : Robin Ticciati
1 CD Linn Records CKD 550
1 h 08 min

mis en ligne le samedi 7 octobre 2017

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