Dimanche 19 novembre 2017
Amours glacées
Simone Kermes s’égare dans les suraigus
Love

L’erreur est humaine, certes, mais pourquoi Simone Kermes s’entête-t-elle, un CD durant, à ferrailler dans les suraigus ? Les sommets sont atteints dès l’ouverture dans un Monteverdi aigre (Lamento della ninfa), avant que le timbre sec de Simone Kermes devienne carrément dérangeant quelques plages plus loin dans Cesti (Disserratevi, abissi). La diction passe le plus souvent à l’as, la prosodie en souffre, animée par quelques effets de voix – des petits cris, des vibratos par-ci par-là (Quelles beautés, Ô mortels, Boësset). La prise de son, au plus près, ajoute à cela les bruits de respiration de la soprano. Comme il est difficile de tenir la distance à de telles hauteurs, les approximations sont fréquentes, parfois fatales, comme dans Dowland, (If love’s a sweet passion), moment d’aller chercher ailleurs la douce passion promise ? D’autant que nombre des airs choisis par Simone Kermes ne sont pas des plus passionnants. On attend donc la Lamentation de Didon (Purcell) finale. Hélas, cette Didon falote et courte en souffle ne dit que trop vrai : May my wrongs create no trouble in thy breast (« Puissent mes torts ne créer nul trouble en ton sein »). A noter, enfin, une performance belle mais décalée de La Magnifica Comunita, qui se complaît dans des basses amples et généreuses, comme indifférente aux vocalises glaciales de Simone Kermes.
Albéric Lagier

Airs de Boësset, Cesti, de Briçeño, Dowland, Eccles, Lambert, Legrenzi, Manelli, Merula, Monteverdi, Purcell, B. Strozzi
Simone Kermes (soprano)
La Magnifica Comunita
Direction musicale : Enrico Casazza
1 CD Sony
1 h 05 min

mis en ligne le jeudi 24 mars 2016

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