Mardi 21 août 2018
Violon côté ombre, côté lumière
Alexandra Conunova se révèle dans les sonates de Prokofiev
Violin sonatas

Le texte de présentation ne fournit aucun renseignement sur les interprètes de ce disque, il n’est pas donc inutile de présenter Alexandra Conunova : lauréate des Concours Tchaïkovski et Joachim, la jeune violoniste moldave s’affirme dans cet enregistrement avec une personnalité d’une force peu commune. Sa superbe interprétation de la sombre Première sonate pour violon de Prokofiev (1946) est en tout cas d’une hauteur remarquable de vue, riche en nuances, habitée, comme on dit, pour rendre chaque détail parlant. Mystérieux dans les sonorités voilées du glaçant premier mouvement, plein d’hardiesse dans le diabolique scherzo, son jeu vif rend justice à l’une des pages plus réussies de Prokofiev, qui dans l’une des périodes les plus difficiles de sa vie livre ici l’un de ses chefs d’œuvre pour le violon. L’accompagnement imaginatif et tout aussi riche en couleurs de Michail Lifits n’est pas pour rien dans cette réussite, tout comme dans celle de la deuxième sonate (1943). Le violon d’Alexandra Conunova brille dans cette page lumineuse, réécriture (à la demande de David Oïstrakh) de la sonate pour flûte, sœur facétieuse et gaie de la première, avec un éclat et un brio qui ne sombrent jamais dans la pure démonstration. 
Pablo Galonce

 


Sonate pour violon et piano n° 1 en fa mineur, op. 80 ; Sonate pour violon et piano n° 2 en ré majeur, op. 94a
Alexandra Conunova (violon), Michail Lifits (piano)
1 CD Aparté AP 171
51 min

mis en ligne le mercredi 8 août 2018

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