Vendredi 18 octobre 2019
Va-et-vient pour deux héros
Gergiev ne sort pas du flou pour Strauss
Don Juan - Ein Heldenleben

Comme au London Symphony ou au Mariinski de Saint-Pétersbourg, Valery Gergiev poursuit au Philharmonique de Munich son rythme stakhanoviste de concerts et d’enregistrements. Aussitôt installé à la tête de l’orchestre qui fut celui de Sergiu Celibidache, le voici dans Richard Strauss, pure tradition locale puisque que le compositeur était un natif de la ville bavaroise. Malheureusement ni le lieu ni l’orchestre ne sont gages ici de réussite. Dans Don Juan, le style de direction pour ainsi dire mesmérique de Gergiev tombe parfois dans l'inconsistance : dès l’entrée du grand thème, le chef prend plusieurs tempos sans jamais se décider pour un ; voici le flou straussien devenu un va-et-vient incessant, plus narcotique que vraiment sensuel : élastiques comme une gomme, les thèmes s’étirent et se rétrécissent sans aucune cohérence organique. La même direction rhapsodique souligne encore la dimension morcelée d’Une vie de héros, où épisode après épisode Gergiev, concerné par les grands effets, ne se soucie pas trop des détails, mais sans jamais trouver le fil de la narration. L’acoustique notoirement imprécise du Gasteig de Munich est peut-être pour quelque chose dans cette sensation d’incohérence.
Gérard Pangon

Don Juan, op. 20 - Ein Heldenleben, op. 40
Münchner Philharmoniker
Direction musicale : Valery Gergiev
1 CD MPHIL 0003
1 h 5 min

mis en ligne le mercredi 26 avril 2017

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