Vendredi 18 octobre 2019
Une Titan aux pieds d'argile
Manfred Honeck en fait trop dans Mahler
 
Le même, pas pareil
Une Titan surnaturelle
Leonard Bernstein et le Philharmonique de New York (1966)
Symphonie n° 1 "Titan"

Facile, la Première symphonie de Mahler ? A comparer avec celles qui vont suivre, cette « Titan » paraît certes moins touffue, moins vaste, moins hyperbolique. Impression trompeuse : cette naïveté de surface peut être un piège pour un chef qui se contente du premier degré. Ancien musicien du Philharmonique de Vienne, Manfred Honeck veut l'éviter et dans le texte d'introduction il insiste sur le caractère parodique et volontiers vulgaire de l'oeuvre. Dommage que son interprétation (très bien enregistrée sur le vif) ne soit pas toujours à la hauteur de ses intentions. L'entrée en matière dans le premier mouvement est à la fois irréprochable et frustrante : toutes les notes sont là, plutôt bien jouées par un Orchestre de Pittsburgh honnête sans plus, mais où est passé l'atmosphère magique, l'impression d'assister à la création d'un monde ? A force de détacher chaque élément, de souligner chaque intention, le reste du mouvement a du mal à avancer. Joué comme une fête paysanne, le Scherzo est rustique comme il se doit, mais le troisième mouvement est à nouveau décevant : la parodie de « Frère Jacques », la musique bohème, la marche funèbre semblent avancer chacune de son côté, sans se fondre dans ce mélancolique mélange voulu par Mahler. Reste le dernier mouvement pour se rattraper et mettre en valeur les cuivres de l'orchestre, mais un peu tard pour faire de cette « Titan » un vrai colosse.
Pablo Galonce

Symphonie n° 1 Titan
Orchestre Symphonique de Pittsburgh
Direction musicale : Manfred Honeck
1 SACD Exton EXCL 00026
57 min

mis en ligne le lundi 19 juillet 2010

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