Mardi 15 octobre 2019
Une Pastorale bien peu bucolique
Ivan Fischer mène Beethoven à la schlag
 
Le même, pas pareil
Une Pastorale vagabonde
Le classicisme de Karl Böhm
Symphonies n°4 et 6 Pastorale

Numéros pairs : les grandes symphonies de Beethoven, numéros impairs : les petites. Meilleur moyen de faire mentir l’adage : montrer que la 6ème « Pastorale » n’est pas la seule grande symphonie paire en lui adjoignant la mal aimée 4ème. Ivan Fischer s’y emploie avec énergie. Puisque la 4ème est une fête du rythme (« obsession, amour, bonheur, plaisir, esprit », dit-il), il met le turbo sur son excellent Orchestre du Festival de Budapest. On en sort abasourdi, mais avec la désagréable impression que cette frénésie n’aide pas l’œuvre à ouvrir ses ailes, comme l’ont fait quelques grands chefs, de Furtwängler à Carlos Kleiber. Dans la « Pastorale », Fischer ne relâche pas la tension. Si sentiment bucolique il a (« calme, méditation et reconnaissance », dit-il encore), sa perception de la nature n’est pas de tout repos : on ne sent presque plus la différence entre le 3ème mouvement (« Réunion joyeuse de paysans ») et le quatrième (« Orage »). Comme il aime à le faire, il a placé les musiciens à sa guise : les vents sont au milieu des cordes, ce qui donne à leurs interventions une perspective nouvelle, plutôt réussie. En revanche, ce violon solo qui remplace le tapis de cordes pour énoncer le thème célèbre du dernier mouvement est carrément kitsch.
François Lafon

Symphonies n° 4 et 6
Orchestre du Festival de Budapest
Direction musicale : Ivan Fischer
1 CD Channel Classics CCS SA 30710
1 h 18 minutes

mis en ligne le vendredi 11 février 2011

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