Mardi 15 octobre 2019
Une Neuvième sans frisson
David Zinman garde la tête froide chez Mahler
 
Le même, pas pareil
Une Neuvième déchirante
Jonathan Nott et le Symphonique de Bamberg
Neuvième symphonie en ré majeur

La Neuvième symphonie de Gustav Mahler, dernière œuvre complétée par  le cvompositeur, est tantôt une montagne russe, tantôt un abîme sans fond. Dans une lettre à son ami Bruno Walter, il la présente ainsi : « Ecrite dans une hâte insensée et, pour des yeux étrangers, tout à fait illisible. » Pour faire tout entendre, David Zinman prend son temps : dès le premier mouvement il veut montrer (avec le concours de ses ingénieurs du son, qui ne perdent pas une miette de la partition) le croisement incessant de thèmes présentés en lignes très serrées, décortique chaque motif et s’attarde sur certains moments quitte à rater le côté le plus agonique de ce mouvement. Dans les trois autres, il applique la même méthode que dans ses enregistrements zurichois des autres symphonies de Mahler : garder la tête froide. Même modération dans le tempo (les danses paysannes du deuxième mouvement paraissent plus languissantes que jamais), même acharnement sur le détail (les pirouettes contrapuntiques du Rondo-Burleske), même manque d’emphase (le finale sans le moindre pathos), toute la symphonie apparaît ainsi comme le très longu épilogue des huit précédentes. Et tant pis pour ceux qui cherchent ici le grand frisson car ils seront certainement déçus par cette retenue.
Pablo Galonce

Neuvième symphonie en ré majeur
Orchestre de la Tonhalle de Zurich
Direction musicale : David Zinman
2 SACD RCA Red Seal 88697 72690 2
1 h 29 min

mis en ligne le dimanche 12 septembre 2010

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