Mardi 15 octobre 2019
Une manière étrangement rêveuse
Frederica von Stade seule en scène à Salzbourg
Récital à Salzbourg

On la surnommait Flicka, mais sa voix n’avait rien de policier. Elle était policée plutôt, pour ne pas dire suave. Révélée à Paris en Chérubin des Noces de Figaro (Strehler –Solti – 1973), confirmée en Mélisande, cette Américaine longiligne passait mieux à la scène qu’au disque, où son charme s’émoussait, où l’on remarquait davantage son manque d’étendue vocale, et où sa diction trop fluide passait pour de la mollesse expressive. La voilà au festival de Salzbourg 1986, en récital sur la vaste scène du grand Festspielhaus, qu’elle remplissait sur son seul nom, accompagnée par le discret Martin Katz. Au milieu d’un bouquet artistement composé de mélodie diverses, où Fauré et Strauss côtoient Copland, Ives et Schönberg (chansons de cabaret), Frederica von Stade a placé Le Chant d’un compagnon errant de Mahler, cycle torturé qu’elle chante comme personne ne le fait, d’une manière rêveuse, un peu lointaine, proche des Quatre derniers Lieder de Strauss. Elle conserve ce style allusif dans Strauss et Ives, qui s’en portent mieux, et emporte la mise dans l’un de ses bis habituels, l’ « Air de la griserie » de La Périchole d’Offenbach. Mais c’est dans les quatre mélodies de Canteloube – auquel elle a consacré un album de studio entier (Sony) – que son charme apparaît le mieux, et qu’il faut donc l’écouter en priorité. 
François Lafon

Mélodies de Gabriel Fauré, Richard Strauss, Gustav Mahler, Aaron Copland, Charles Ives, Thomas Pasatieri, Marie-Joseph Canteloube, Arnold Schönberg, Francis Poulenc, Jacques Offenbach
Frederica von Stade (mezzo-soprano), Martin Katz (piano)
1 CD Orfeo C 870 121 B
1 h 18 min

mis en ligne le dimanche 13 janvier 2013

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