Vendredi 18 octobre 2019
Une Fantastique pas très fantastique
Yannick Nézet-Séguin emprisonne le feu berliozien
 
Le même, pas pareil
Une Fantastique qui joue avec le feu
Pierre Boulez grand prêtre de la clarté
Symphonie fantastique - Cléopâtre

Yannick Nézet-Séguin, directeur, à trente-cinq ans, de l’Orchestre Métropolitain de Montréal et du Philharmonique de Rotterdam, premier chef du Philharmonique de Londres et directeur désigné de l’Orchestre de Philadelphie, est un artiste qui ne fait pas n’importe quoi. On peut donc imaginer que sa façon très personnelle de diriger la Symphonie fantastique est le fruit d’une mûre réflexion. Laquelle ? Mystère. Dès les premières mesures (Rêveries - Passions), on comprend que sa Fantastique s’inspirera de la clarté de Pierre Boulez plutôt que de la fièvre d’Igor Markevitch. Il en démonte le moteur et le remonte sous nos yeux : on entend tout, et l’on comprend le pourquoi du comment, comme si l’on suivait sur la partition. Mais pourquoi ce chef de théâtre (il est, depuis Carmen en 2009, la coqueluche du MET de New York) fait-il faire du sur-place à cette musique qui n’est que mouvement ? Même le Bal, curieusement accentué, a l’air de vouloir empêcher les danseurs de danser. En complément, Anna Caterina Antonacci, devenue star en chantant au Châtelet Cassandre dans Les Troyens, assume avec robustesse l’hystérie de Cléopâtre, dans la cantate écrite par Berlioz dans le but d’obtenir le Prix de Rome. Nézet-Séguin l’accompagne, si l’on peut dire, normalement.
 
François Lafon

 

Symphonie fantastique - Cléopâtre
Anna Caterina Antonacci (Cléopâtre)
Orchestre Philharmonique de Rotterdam
Direction musicale : Yannick Nézet-Séguin
1 SACD Bis 1800
1 h 15 min

mis en ligne le dimanche 27 février 2011

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