Vendredi 22 mars 2019
Une définition de l’élégance musicale
Bejun Mehta et René Jacobs dans le répertoire pré-classique
Che Puro Ciel - The rise of classical opera

La starmania qui touche le milieu des contre-ténors laisse dans l’ombre une série d’artistes moins attachés aux fastes et fantaisies liés à l’imagerie des castrats qu’à la mise en valeur d’un répertoire sous estimé. Bejun Mehta est de ceux-ci. Che Puro ciel (Orfeo ed Euridice, Gluck) voisine avec des extraits d’autres opéras qui marquent la naissance de l’ère classique, avec pour auteurs Mozart (Ascanio in Alba, Mitridate), Hasse (Il trionfo di Clelia), Johann Christian Bach (Artaserse) et Tommaso Traetta (Antigona, Ifigenia in Tauride). Bejun Mehta cultive le dramatisme, la nuance, et la cohérence d’un programme fait pour visiter l’opéra de ces années 1750/60 plutôt qu'il ne ne s'accapare les scènes en terrain de virtuosité – même si elle ici bien présente. Et privilégie, dans l’éternel dilemme du genre, les mots sur la musique. Bejun Mehta est servi par ses moyens vocaux, à la hauteur de ses meilleurs compères, et la tension tout aussi exempte d’excès de l'Akademie für alte Musik Berlin dirigée par René Jacobs, et des (trop rares) interventions du RIAS Kammerchor. Une sobriété qui n’exclut ni fluidité, ni couleurs. Peut-être la définition de l’élégance musicale.
Albéric Lagier

Extraits d'opéras de W.A. Mozart (Ascanio in Alba, Mitridate), J.A. Hasse (Il trionfo di Clelia), J.C. Bach (Artaserse), C.W. Gluck (Orfeo ed Euridice), Traetta (Antigona, Ifigenia in Tauride)
Bejun Mehta (contre-ténor)
Akademie für Musik et RIAS Kammerchor de Berlin.
Direction musicale : René Jacobs
1 CD Harmonia Mundi HMC 902172
1 h 10 min

mis en ligne le mardi 4 février 2014

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