Mardi 15 octobre 2019
Une Dame de pique pas très fantastique
Une interprétation musclée du chef-d’œuvre de Tchaïkovski
La Dame de pique

Vienne, Salzbourg, ici Munich, dans des sons radio parfaitement restitués : Orfeo continue de faire le bonheur des collectionneurs. Celui des fans de Julia Varady aussi, qu’on retrouve, après quelques Verdi d’anthologie (dont un étonnant Trouvère), en Lisa de La Dame de Pique, un de ses grands rôles qu’elle n’a pas enregistrés en studio. Nous sommes en 1984, une troupe de spécialistes russes a été réunie autour de la diva, sous la baguette survitaminée (à défaut d’être raffinée) d’Algis Juraitis, le chef qui, quelques années plus tôt à Paris, avait provoqué un incident diplomatique en refusant de diriger la même Dame dans une version « adaptée » par le metteur en scène Iouri Lioubimov. Comme le spectacle lui-même, dont les photos, dans le livret, fleurent bon la toile peinte, l’ensemble ne dépasse pas le premier degré : on cherche en vain l’atmosphère fantastique, le parfum de mauvais rêve qui fait le prix de l’opéra le plus justement connu de Tchaikovski après Eugène Onéguine. C’est un peu la faute à Vladimir Atlantov, ténor stentor dont Hermann le joueur était le cheval de bataille avec l’Otello de Verdi. Varady est très en voix et toujours superbement musicienne, mais sans le rayonnement qui illuminait ses grandes soirées, et Elena Obraztsova en fait beaucoup en Comtesse détentrice de la martingale maléfique.
François Lafon

La Dame de pique
Julia Varady (Lisa), Vladimir Atlantov (Hermann), Elena Obraztsova (le Comtesse), Ludmila Shemshuk (Polina), Bodo Brinkmann (Jeletski)
Choeurs et Orchestre de l'Opéra National de Bavière
Direction musicale : Algis Juraitis
2 CD Orfeo C 811 112 I
2 h 15 min

mis en ligne le mardi 6 septembre 2011

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