Vendredi 18 octobre 2019
Une certaine idée de Schubert
François Chaplin fait de chaque Impromptu une mini-tragédie
 
Le même, pas pareil
Un Schubert sublimé
par Alfred Brendel
Impromptus D 899 & D 935

Il n’y a aucun doute : ces Impromptus, François Chaplin les interprète de manière remarquable. Mais pas forcément pour de bonnes raisons. De la même façon que chacun se sent critique de cinéma et sélectionneur de l’équipe de France de foot, chacun a son Schubert à lui, et le Schubert de François Chaplin n’est justement pas le Schubert de tout un chacun. Lorsque Franz Schubert écrit ses premiers Impromptus, il est loin de Vienne, à Graz avec l’un de ses amis chez un couple de mélomanes, dans une période heureuse, et ça s’entend : ces pièces sont lumineuses, chaleureuses, rayonnantes, même si le Wanderer ne se départit jamais de ses doutes. Chez François Chaplin, il n’y a rien de tel, mais un ton délibérément dramatique. Avec un tempo infiniment lent, le pianiste insiste sur les côtés sombres, gomme les rythmes de danse, atténue les contrastes, transforme en marche funèbre les passages les plus aériens. Or elle a beau être parfaitement ciselée, une phrase un peu trop appuyée devient vite une sentence. Schubert perd ainsi en oscillations, en doutes et en délicatesse, ce qu’il gagne en solennité. Mais un Schubert solennel, est-ce vraiment du Schubert ?
Gérard Pangon

Impromptus D. 899 et D. 935 ; Litanei D. 343 arrangement F. Liszt S. 562 n°1
François Chaplin (piano)
1 CD Aparté AP101
1 h 13 min

mis en ligne le mardi 24 mars 2015

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