Lundi 14 octobre 2019
Un peu évaporé, l’ Elixir d’amour
Le charme discret de la « tradition Glyndebourne »
L'Elixir d'amour

Encore un Elixir d’amour, un mois après celui du Liceo de Barcelone avec Rolando Villazon et Maria Bayo. Cette fois, pas de vedette à l’affiche, mais le label Festival de Glyndebourne : bon goût et qualité, tradition finement dépoussiérée. Est-ce suffisant pour cette bluette au scénario efficace et aux mélodies charmantes ? Le ténor Peter Auty est crédible en jeune paysan transi d’amour, il chante impeccablement, mais il n’a pas le charme vocal de Villazon, ni, a fortiori, de Pavarotti. Or c’est cela, le véritable élixir d’amour. Idem pour la soprano Ekaterina Siurina, bien distribuée en coquette de province, mais vocalement assez commune. Le spectacle respecte la tradition : place de village et foule en liesse, gestique convenue et effets aguerris. Les interprètes du charlatan Dulcamara (celui qui vend le fameux élixir, flanqué ici d’un assistant aux allures felliniennes), et du soldat Belcore, en chemise noire, jouent ce jeu à la perfection. On en vient presque à oublier que l’action est transposée à l’époque de Mussolini, et que la metteuse en scène Annabel Arden rend hommage au cinéma italien populaire, de Pain, amour et fantaisie à Cinéma Paradiso. Le chef Maurizio Benini est à l’avenant : il mène son monde avec souplesse et vivacité, sans chercher à renouveler le propos.
François Lafon

L'Elixir d'amour
Peter Auty (Nemorino), Ekaterina Siurina (Adina), Alfredo Daza (Belcore), Luciano di Pasquale (Dulcamara)
Choeur de Glyndebourne, Orchestre Philharmonique de Londres
Direction musicale : Maurizio Benini
Mise en scène : Annabel Arden
Réalisation : Robin Lough
1 DVD Opus Arte OA 1026 D
2 h 06 min

mis en ligne le samedi 29 mai 2010

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