Mardi 15 octobre 2019
Un pesto sans basilic
Leonardo Garcia-Alarcon peine à réveiller du Vivaldi oublié
Vespro A San Marco

La musique sacrée selon Vivaldi ? Beaucoup de diversité (petite faiblesse de ses concertos), des chœurs inventifs (des doubles, comme les balcons de San Marco), et une forte dose d’ambigüité (mélange profane/sacré). En piochant dans le répertoire vespéral destiné à la Basilique Saint Marc, Leonardo Garcia Alarcòn se prive de chefs d’œuvres tels que le célèbre Gloria RV 589 et le non moins charnel Stabat Mater RV 621. Il en promet d’autres, et suppute un lien de parenté entre Vivaldi et Monteverdi. L’artifice fait long feu, mais ne rend guère hommage à l’originalité de Vivaldi dans l’art du contrepoint et de la polyphonie. De fait, l’ensemble manque de cette clarté nerveuse, sensuelle et jouissive du Prêtre roux, sauf dans une perle de six minutes – un Lauda Jerusalem RV 609 admirablement interprété par Mariana Flores et Soledad de Rosa. Le reste est servi par une distribution en partie simplement honnête, en partie décevante – l’une des altos donne décidément beaucoup de la gorge, et le contre-ténor n’a ni voix ni diction. Heureusement, les chœurs, cet élément si séduisant des partitions sacrées de Vivaldi, soutiennent sans faillir l’attention durant ces deux heures de concert, et dominent un orchestre qui peine souvent à faire briller de tous ses feux la verve vivaldienne à l’image des mosaïques de « l’église d’or ».
Albéric Lagier

Psaumes et cantiques RV 807, RV 596, RV 795, RV600, RV 610, RV 607
Chœur de Chambre de Namur, Ensemble Les Agrémens
Direction musicale : Leonardo Garcia-Alarcòn
2 CD Editions Ambronay (2011)
1 h 57 min

mis en ligne le mercredi 25 mai 2011

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