Vendredi 18 octobre 2019
Un orchestre à la peine
Antonio Pappano s’essaye à Mahler
 
Le même, pas pareil
Un orchestre somptueux
Leonard Bernstein en titan mahlérien
Symphonie n° 6

Bon point : pour ses débuts mahlériens au disque, Antonio Pappano a eu le courage de choisir la moins grand public, la plus tragique, la plus tourmentée des neuf Symphonies. Mauvais point : l’Orchestre de l’Académie Ste Cécile, dont il est le directeur depuis 2005, est loin d’être la phalange mahlérienne idéale. C’est cela qui frappe dès la marche qui ouvre – si l’on ose dire – les hostilités : cordes râpeuses, cuivres lourds, impression générale d’effort. Au fil des quatre mouvements pourtant, on admire l’énergie, on ressent le souffle que ce chef si souvent inégal confère à ses troupes. Les trois exécutions publiques mixées ici devaient dégager une certaine électricité. A la réécoute, même si l’on s’empêche de comparer Pappano à Leonard Bernstein ou à Claudio Abbado et l’Académie Ste Cécile au Philharmonique de Vienne ou à l’Orchestre de Lucerne, la frustration gagne : le Scherzo est un peu trop brutal, l’Andante un peu trop étale, le Finale un peu trop prosaïque. La prise de son, apparemment, n’arrange rien. A quand Pappano dans Mahler avec un orchestre qui assure ?
François Lafon

Symphonie n° 6
Orchestra dell'Academia Nazionale di Santa Cecilia (Roma)
Direction musicale : Antonio Pappano
2 CD EMI Classics 0 84413 2
1 h 25 min

mis en ligne le mardi 28 février 2012

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