Jeudi 17 octobre 2019
Un Oratorio de Noël aux tisons
Bach aseptisé : Riccardo Chailly persiste et signe
 
Le même, pas pareil
Un Oratorio de Noël au balcon
Bach vivifié
L'Oratorio de Noël

Avec son Oratorio de Noël, Bach s’auto-cite habilement, quand il n’accommode pas les restes : choral de la Passion selon Saint-Matthieu, recyclage de cantates profanes d’anniversaires, airs et ensembles vocaux récupérés d’autre œuvres. Riccardo Chailly, qui tient, en tant que directeur du Gewandhaus de Leipzig, à perpétuer la tradition locale remontant à Mendelssohn, est, lui, fidèle au style qu’il a déjà imposé dans la Saint-Matthieu et les Concertos Brandebourgeois : ensemble d’instruments modernes et chœur de chambre, solistes chantant « opéra », phrasés lisses, tempos allants mais uniformes, respect scrupuleux de la barre de mesure. C’est à dire que nous sommes très éloignés du Bach coloré et imagé auxquels nous ont habitués les (meilleurs) baroqueux. Nous sommes assez loin aussi du Bach dégraissé et étonnamment vivant que le chef Gunther Ramin a révélé avant la dernière guerre à un public habitué à des interprétations par trop romantiques. Passés les joyeuses fanfares qui ouvrent la première des six cantates dont est composé cet oratorio festif, l’esprit de Noël s’envole : on admire, on respecte, mais on bâille poliment.
François Lafon

L'Oratorio de Noël
Carolyn Sampson (soprano), Wiebke Lehmkuhl (alto), Martin Lattke (l'Evangéliste), Wolfram Lattke (ténor), Konstantin Wolff (basse)
Dresdner Kammerchor, Orchestre du Gewandhaus de Leipzig
Direction musicale : Riccardo Chailly
2 CD Decca 478 2271
2 h 12 min

mis en ligne le samedi 25 décembre 2010

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