Mardi 15 octobre 2019
Un monument hystérique
Pappano dirige Verdi avec efforts et effets
 
Le même, pas pareil
Une grande méditation avec Herbert von Karajan
Messa da Requiem

On a trop répété que le Requiem de Verdi était un « opéra de la mort ». Antonio Pappano, chef lyrique, directeur de la Monnaie de Bruxelles puis du Covent Garden de Londres, s’est cru autorisé de ses similitudes avec Don Carlos et Aïda, les opéras les plus proches de lui dans le temps, pour le diriger à l’effet, en ménageant des contrastes décoiffants et des climax tonitruants. Si encore il avait choisi des voix dignes de la Scala des grands soirs ! Mais à Sonia Ganassi, mezzo italienne à l’expression mélodramatique mais au timbre riche, il a adjoint Anja Harteros, une soprano allemande qui se force au tempérament latin, et René Pape, éternel (et excellent) Sarastro dans La Flûte enchantée, mais basse verdienne trop sage pour être convaincante. Pour comble de déception, Rolando Villazon - évidente caution commerciale de l’album -, est en toute petite forme, ce qui explique peut-être que la prise de son le relègue loin derrière les autres. Et pourtant, avec tous ses défauts, auxquels s’ajoute un orchestre plutôt modeste, ce Requiem fonctionne, et peut même plaire, peut-être parce qu’il bénéficie de la chaleur du concert, et que le chef parvient à dégager l’hystérie qui est, au fond, la raison d’être de cette musique.
F.L.

Messa da Requiem
Anja Harteros (soprano), Sonia Ganassi (mezzo-soprano), Rolando Villazon (ténor), René Pape (basse)
Chœurs et Orchestre de l’Academia di Santa Cecilia de Rome
Direction musicale : Antonio Pappano
2 CD EMI (2009)

mis en ligne le dimanche 10 janvier 2010

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