Lundi 17 décembre 2018
Un modèle de requiem
Ockeghem, de la Rue : Diabolus in musica dans son élément
Requiem

Si le Requiem de Johannes Ockeghem est si remarqué et remarquable, c’est d’abord parce qu’il est le plus ancien des requiems polyphoniques à être parvenu jusqu’à nous, dans un manuscrit de 1504, c’est-à-dire daté de sept ans après la mort du compositeur, qui plus est incomplet. C’est ensuite parce que le compositeur était en son temps l’un des chantres-musiciens les plus vénérés : dans sa « Déploration sur le trespas de feu Ockeghem », le poète Guillaume Crétin invite les grands musiciens de l’époque à pleurer le trésorier de la collégiale Saint Martin de Tours. C’est enfin sa composition qui frappe : partant du plain-chant pour devenir polyphonique, il reflète la maîtrise et la liberté d’Ockeghem, qui passe de deux à trois voire quatre voix afin de mettre en exergue certains passages et d’apporter de nouvelles couleurs à sa musique. Il joue ainsi avec bonheur sur les polyphonies et travaille les voix graves pour accentuer la solennité de cette liturgie. Le Requiem de Pierre de la Rue, qui complète le programme, joue également sur le grave, et, de la même façon, évolue du grégorien à la polyphonie. Lui aussi constitue un morceau de choix que Diabolus in musica, parfaitement dans son élément (voir ici et ), interprète avec sa maestria et son intelligence coutumières.
Gérard Pangon

Johannes Ockeghem : Requiem – Pierre de la Rue : Requiem
Diabolus in musica
Direction musicale : Antoine Guerber
1 CD Bayard Musique 308 475.2
1 h 08 min

mis en ligne le mercredi 27 juin 2018

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