Vendredi 18 octobre 2019
Un Chopin plus technique que subtil
Le romantisme sans nuance de Khatia Buniatishvili
Chopin

Après un récital Liszt, l’année dernière, la jeune pianiste Khatia Buniatishvili poursuit avec Chopin son avancée dans la musique romantique. D’un bout du disque à l’autre, elle confirme et assène avec fougue son extrême dextérité : les notes semblent s’échapper de ses doigts. Cela donne une sensation de grande maîtrise, mais les pièces ont l’air d’être exécutées plus que jouées. C’est particulièrement frappant dans la Mazurka qui termine le programme. Dans la Sonate n°2, elle n’a de cesse d’imprimer, voire d’imposer sa marque. Sa manière d’accentuer les contrastes, d’aiguiser la différence des registres et de marquer les tempos émousse les nuances et les subtilités de la partition. Le Scherzo et le Finale sont, de ce point de vue, au bord de la caricature. Dans la Ballade n°4, on s’épuise à essayer de retrouver le souffle romantique qui l’a inspirée : on a l’impression, une fois encore, que son objectif est d’abord de prouver son excellence technique. Dans le 2ème Concerto pour piano avec l’Orchestre de Paris sous la direction de Paavo Järvi, elle sacrifie aux mêmes travers que pour la Sonate : le son cogne et éteint un orchestre lui-même sans grand prestige !
Katchi Sinna

Valse en do mineur, Sonate n°2, Ballade n°4, Concerto pour piano n°2, Mazurka en la mineur
Khatia Buniatishvili (piano)
Orchestre de Paris
Direction musicale : Paavo Järvi
1 CD Sony Classical 88691971292
1 h 09 min

mis en ligne le vendredi 5 octobre 2012

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