Mardi 19 mars 2019
Un bœuf sur le toit version 1750
Les Esprits Animaux rendent visite à ceux des tavernes
Transfigurations

Les Esprits Animaux viennent du quatre coins du monde, et prennent visiblement plaisir à jouer ensemble. Un plaisir festif, celui que devaient éprouver, nous disent-ils, les violonistes des tavernes à l’époque de Bach. Ils interprètent au-delà des lignes, se laissent emporter par le jeu – très maîtrisé – des variations, transpositions et improvisations, traitent avec la même liberté le sérieux (le dernier Contrapunctus de l’Art de la Fugue) et le populaire (John come kiss me now), le contemporain (Concerto Comique XXV de Corette ou une pétillante réduction des Sauvages de Rameau) et l’ancien (l’élégante Chaconne de Merula). Mais sur quels toits Les Esprits Animaux font-ils ce bœuf ? Dans la Leipzig de l’après Guerre …de Sept ans ? Peut-être à Londres, sous l'oeil avisé de William Hogarth, auteur d'estampes sur La Rue de la Bière et la Ruelle du Gin, la plupart des chansons à boire étant tirées du répertoire anglais. Qu’importe, le talent est universel, quand on y retrouve la jubilation comme ici, cette façon lutine d’allier l’esprit d’inventivité à la liberté de ton, ces joutes pleines de complicité entre les interprètes. Qui a dit qu’il n’y a pas de musique (classique) heureuse ? Un romantique, sans doute, oublieux de ces « transfigurations » de cabaret, loin des salons, des académies… et de nos salles de concert, hélas !
Albéric Lagier

Chansons à boire et oeuvres de Bach, Rameau, Corette, Geminiani, Pez, Pontiel, Marini, Merula, del Biabo
Les Esprits Animaux
Direction musicale : Patrícia Vintém
1 CD Ambronay AMY039
1 h 12 min

mis en ligne le lundi 18 novembre 2013

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.