Mardi 15 octobre 2019
Un Bach à bout de souffle
Damien Guillon et le Banquet Céleste paralysés par Jean-Sébastien
J.S. Bach - Cantates BWV 170 et 35

Après un séjour à tendance profane à Cothen, c’est à Leipzig que Bach compose l’essentiel de son œuvre religieuse. Les deux cantates BWV 170 et 35 en font partie (1726). La première est d’un style pastoral. Surprise, l’interprétation de Damien Guillon évoque plutôt les sèches vallées méditerranéennes que l’opulente plaine des environs de Leipzig, et l’accompagnement orchestral est dans la même veine. Timorés lorsqu'il jouent ensemble, les instrumentistes prennent pourtant de l’envergure lorsqu’ils sont solistes : la longue mélopée du hautbois d’amour apparaît ainsi comme une perle dans ce concert terne à force de retenue. Et l’on devine que l’orgue, lui aussi, demande, mais sans succès, de l’air. La Sonate en trio (BWV 527) transcrite à l’orgue déçoit dans un andante ascétique, et s’épanouit, mais un peu seulement, dans le vivace final : ce n’est pas encore l’heure de la fronde. Bis repetita hélas dans le couple formé par la Cantate BWV 35 et la Fantaisie et Fugue BWV 542. Sauf que cette fois-ci, Maude Gratton à l’orgue, voyant l’heure tourner, semble en avoir un peu assez de rester sage et ose enfin tirer sur les jeux – difficile de faire autrement il est vrai dans la fugue finale. Son jeu à elle ne manque pas de subtilité : clair, dynamique et équilibré, il clôt avec élégance et chair ce programme qui en manquait jusque-là. Mais ne rêvez pas, ce n’est tout de même pas flamboyant.
Albéric Lagier

Cantate BWV 170 ; sonate en trio n°3 BWV 527 ; Cantate BWV 35 ; Fantaisie et Fugue BWV 542
Damien Guillon (alto)
Le Banquet Céleste
Direction musicale : Damien Guillon
1CD Zig-Zag Territoires Outhere ZZT305
1 h 13 mn

mis en ligne le samedi 28 avril 2012

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