Lundi 14 octobre 2019
Un Amadis tendu
Les Talens lyriques confirment un rendez-vous manqué
Jean-Baptiste Lully - Amadis

Au jeu des chiffres, Amadis est le onzième opéra composé par Lully et son neuvième sur un livret de Quinault. A l’invitation pressante de Louis XIV, c’est aussi leur première incursion dans le monde magique des légendes du Moyen-Âge… et le premier livret vraiment raté de Quinault : sauf à avoir lu l’original (Amadis de Gaule, de Garci Rodriguez de Montalvo) l’intrigue est incompréhensible, l’action sans continuité, et les personnages en quête de caractérisation. Après l’enregistrement de Renaud, Roland, Persée, et Bellérophon, Christophe Rousset et les Talens Lyriques abordent un cinquième prénom. Mais, de ce fatras littéraire, faire un chef d’œuvre est un défi de taille. Or l’interprétation manque de fluidité, de souffle, de tension dramatique, d'élégance sonore. L’orchestre souffre, en plus, de la prise de son, et se retrouve relégué en fond de spectre, sec, heurté, avec des percussions à déconseiller aux âmes sensibles et aux enceintes vieillissantes. Et les solistes ne parviennent jamais vraiment à  entraîner l’auditeur dans les tendres aventures d’Amadis, pourtant le parfait héros langoureux, amant malheureux mais fidèle et soumis. Il aime, dit-il, et c’est assez pour être malheureux. On l’aurait aimé l’estomac un peu moins noué.
Albéric Lagier

Amadis
Cyril Auvity (Amadis), Judith Van Wanroij (Oriane), Ingrid Perruche (Arcabonne), Edwin Crossley-Mercer (Arcalaüs)
Les Talens Lyriques
Direction musicale : Christophe Rousset
3 CD Aparté AP 094
2 h 44 min

mis en ligne le dimanche 28 septembre 2014

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