Mardi 15 octobre 2019
Trompeuse acoustique
Valery Gergiev dirige un Berlioz trop uniment conquérant
 
Le même, pas pareil
John Eliot Gardiner
Les mystères d'Harold
Harold en Italie, La Mort de Cléopâtre

Paganini, qui avait commandé à Berlioz une pièce virtuose pour alto solo et orchestre, refusa de créer cet Harold en Italie, devenu « une suite de scènes auxquelles l’alto se trouve mêlé comme un personnage mélancolique dans le genre de Childe Harold de Byron ». C’est dire à quel point soliste et chef doivent être complices, tels William Primrose et Thomas Beecham jadis, ou Gérard Caussé et John Eliot Gardiner naguère. Est-ce la faute à l’acoustique particulière du Barbican Center de Londres ajoutée à la prise de son toujours lointaine pour l’orchestre, de la collection LSO Live ? Toujours est-il que le bel alto lumineux d’Antoine Tamestit se détache du tissu orchestral et semble planer au-dessus de la tête des auditeurs, tandis que l’orchestre – mais cela, c’est certainement le fait du fougueux Valery Gergiev – est plus conquérant que rêveur, plus épais que diaphane, affirmatif là où il devrait être interrogatif. En seconde partie, la mezzo-soprano britannique Karen Cargill s’empare de la « scène lyrique » La Mort de Cléopâtre, quatrième tentative de Berlioz d’obtenir le prix de Rome, malheureuse parce que trop originale, et pour cela peut-être toujours moderne à nos oreilles. Une interprétation honnête, à laquelle manque la grandeur tragique qu’une Janet Baker savait insuffler à ce texte convenu et à cette musique qui ne l’est pas.
François Lafon

Harold en Italie ; La Mort de Cléopâtre
Karen Cargill (mezzo-soprano), Antoine Tamestit (alto)
London Symphony Orchestra
Direction musicale : Valery Gergiev
1 SACD LSO Live LSO 0760
1 h 03 min

mis en ligne le jeudi 23 juillet 2015

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