Mardi 17 juillet 2018
Travail d’atelier
Philippe Herreweghe poursuit son exploration schubertienne
 
Le même, pas pareil
Thomas Beecham,
charme indémodable
Symphonies n° 2 et 5

Pour mieux maîtriser les Symphonies de Schubert, Philippe Herreweghe a commencé par la fin (« La Grande » en 2011, la 6ème et l’« Inachevée » en 2013 - Pentatone). Judicieuse idée : les 1ère, 3ème et 4ème « Tragique », parues en 2015 (Phi), s’en sont trouvées nourries d’une expérience qui les a fait échapper au statut facile et réducteur d’essais de jeunesse. Même remarque aujourd’hui pour la 2ème et la plus célèbre (et plus enregistrée) 5ème, toutes deux en si bémol majeur, celle-là rapidement qualifiée de haydnienne (en particulier pour son Andante à variations) et celle-ci de mozartienne (pour sa légèreté ?). Il se retrouve aussi, pour la 5ème, confronté à la référence Thomas Beecham, dont les enregistrements (EMI), bien que vieux d’un grand demi-siècle et dépourvus du label « historiquement informé », n’ont rien perdu de leur charme ni de leur pertinence. Tout cela pour dire que sa 2ème est aussi énergique alla Nikolaus Harnoncourt que sa 5ème est arachnéenne façon Beecham ou Claudio Abbado, l’Antwerp Symphony Orchestra (nouvelle dénomination du Philharmonique de Flandre) jouant le jeu avec une remarquable souplesse. Dans cette valse des comparaisons, Herreweghe trouve en tout cas sa place originale en ce qu’il fait nettement apparaître le travail d’atelier de Schubert se cherchant parmi les grands du monde symphonique.
François Lafon

Symphonies n° 2 et 5
Antwerp Symphony Orchestra
Direction musicale : Philippe Herreweghe
1 CD Phi LPH028
1 h 00 min

mis en ligne le mercredi 20 décembre 2017

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