Mercredi 30 septembre 2020
Traité des passions
Alexandre Kantorow lâche la bride sans perdre le contrôle : bluffant !
Brahms - Bartok - Liszt

Fils d’un violoniste et chef renommé (Jean-Jacques Kantorow), sorte de Mbappé du piano depuis son double prix (Médaille d’or ; Grand Prix) au Concours Tchaikovski de Moscou, Alexandre Kantorow ne devait pas manquer le rendez-vous de ce quatrième album, le premier depuis son adoubement russe. Il se livre pour cela à un triple exercice de haute école, enchaînant Brahms (1ère Rhapsodie, la plus virtuose des deux ; Sonate n°2 – en fait la première, celle à propos de laquelle Schumann a écrit « Un génie ! »), Bartok (Rhapsodie op. 1, hommage à Liszt en même temps qu’ouverture vers la modernité) et Liszt lui-même (11ème Rhapsodie hongroise). Sacrée maîtrise en effet, technique, intellectuelle et musicale que celle de ce jeune homme de vingt-trois ans, le plus étonnant dans son jeu étant la façon dont il canalise un tempérament plus que fougueux. La Sonate en fa dièse mineur, où le jeune Brahms prend ses aises avec la grande forme pour se laisser aller à ses passions, en est l’exemple flagrant, la Rhapsodie de Bartok prouvant par ailleurs sa versatilité stylistique. En concert, cette façon de lâcher la bride sans perdre le contrôle est propre à déchaîner l’enthousiasme. En studio (Fondation Vuitton, Paris et Tapiola Concert Hall, Finlande), le résultat est presque aussi bluffant. 
François Lafon 

Brahms : Rhapsodie n° 1; Sonate n° 2 - Bartok : Rhapsodie op. 1 - Liszt : Rhapsodie hongroise n° 11
Alexandre Kantorow (piano)
1 CD Bis 2380 (Outhere)
1 h 06 min

mis en ligne le vendredi 11 septembre 2020

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