Mardi 15 octobre 2019
Tessarini, un Vivaldi au petit pied
Une musique de routine par des interprètes qui ronronnent
Intégrale des douze Concertos pour violon opus 1

Contrairement à ce que pensait un célèbre compositeur du XXème siècle, Vivaldi n’a pas écrit quatre cents fois le même concerto. Qu’en est-il de ceux qui s’inscrivirent dans son sillage ? C’est selon, et cela dépend de la façon dont on les joue. Des activités du violoniste et compositeur Carlo Tessarini, né vers 1690, centrées autour d’une carrière de virtuose international, on ne sait pas grand chose, sinon qu’il occupa pendant plusieurs années un poste prestigieux à la cathédrale d’Urbino et qu’il rédigea pour son instrument le traité Grammatica di musica (1741). On perd sa trace après un concert à Arnhem (Pays-Bas) en 1766. Ses douze concertos opus 1, dont plusieurs furent donnés par Pisendel à Dresde, parurent chez Le Cène à Amsterdam en 1724, avant d’être piratés par Walsh à Londres. Par rapport à ceux de Vivaldi, ils apparaissent assez routiniers, impression en l’occurrence renforcée par l’interprétation. Dans les mouvements rapides, l’invention et la vie ne sont pas au rendez-vous. L’orchestre n’a rien de baroque, ses sonorités nous reportent de plusieurs décennies en arrière, et on éprouve à l’audition une forte envie de l’aiguillonner. Dans les mouvements lents, le soliste sait chanter, mais on n’arrive pas à se convaincre que ces CD étaient vraiment nécessaires.
Marc Vignal

Les douze concertos pour violon opus 1
Marco Pedrona (violon principal)
Ensemble Guidantus
2 CD IndéSens CAL 1207
1 h 46 min

mis en ligne le mardi 17 juillet 2012

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