Jeudi 23 mai 2019
Subtil et visionnaire
Le parcours schubertien de Shani Diluka
 
Le même, pas pareil
Schubert lumière
Paul Lewis
Des fragments aux étoiles

Shani Diluka avait séduit avec les deux premiers concertos pour piano de Beethoven (voir ici). Son dernier CD consacré à Schubert séduit tout autant : on y décèle l’expression d’une personnalité et d’un son originaux, une intelligence musicale qui font tout l’intérêt d’une interprétation. Que tout paraît simple sous ses doigts ! Et pourtant nous voici emmenés dans les profondeurs et les complexités du compositeur viennois. Les pièces courtes qui ouvrent le programme (Valses et Danses allemandes pour l’essentiel) ne sont pas des hors d’œuvres, mais des "fragments", en concentrés, de ce que Schubert déploiera dans ses "étoiles", ses sonates – ici la toute dernière, en si bémol majeur (D.960). Les couleurs intimistes, les joyeusetés tirées du folklore autrichien, les ombres et les lumières, les rythmes obsédants ponctués d’échappées d’une jouissive liberté, la beauté des silences qui suspendent le temps et annoncent les changements climatiques, tout est là pour rendre les miroitements subtiles d’un sentiment de sérénité qui, on s’y attend chez Schubert, ne saurait tarder à être voilé de nostalgie. Shani Diluka se prévaut d’Artur Schnabel : ce pourrait être de la prétention, c’est se hisser à un degré comparable de vision, chacun à sa façon. Le livret, écrit à quatre mains (Shani Diluka et Valentin Erben, le violoncelliste du quatuor Alban Berg) est la touche finale de ce CD dont il sera difficile de se séparer.
Albéric Lagier 

Valse sentimentale n°13, Danses allemandes n°3, 5, 11, 14 et 15, Valse noble n°10, Valse n°10, Mélodie hongroise, Sonate D 960
Shani Diluka (piano)
1 CD Mirare MIR 240
58 min

mis en ligne le mardi 13 octobre 2015

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