Dimanche 26 mai 2019
Sombre génie
Quelques must et un inédit d’Emil Gilels à Prague
 
Le même, pas pareil
Arturo Benedetti Michelangeli,
un autre Brahms
Emil Gilels à Prague

Bien connues les quatre Ballades de Brahms par Emil Gilels chez Deutsche Grammophon. Un live de Prague (1978) est venu les concurrencer, où Gilels, pourtant moins bien enregistré et sur un piano bizarrement réglé, parvient à être encore plus sombre, angoissant … et génial que lui-même. Voilà ce must réédité, accompagné de sept Fantaisies op. 116 en concert au festival de Prague (1973), presque aussi indispensables au sein d’une discographie pourtant riche. Mais c’est la Sonate K. 533/494 de Mozart, captée lors du même concert mais jusqu’ici inédite, qui crée l’événement. De cette œuvre étrange, en deux mouvements complétés par un Rondo précédemment composé (d’où le double numéro de catalogue), Gilels fait un monument où Mozart, un siècle avant Brahms, n’a rien à envier à ce dernier en termes d’audace et de modernité. On peut préférer les Ballades de Brahms par Arturo Benedetti Michelangeli, plus soft en apparence (en apparence seulement), ou les Mozart plus souriants (idem) d’une Lili Kraus. Pas plus que son contemporain Sviatoslav Richter, Gilels ne flatte son public. Pour le plus grand plaisir de celui-ci.
François Lafon

Mozart : Sonate pour piano K. 533/494 – Brahms : 4 Ballades op. 10 ; Fantaisies op. 116
Emil Gilels (piano)
1 SACD Praga Digitals PRD 250 309
1 h 10 min

mis en ligne le samedi 22 août 2015

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