Mardi 15 octobre 2019
Schubert dur
Une Belle Meunière au bord de la crise de nerfs
Die Schöne Müllerin

Si la sophistication très civilisée de Dietrich Fischer-Dieskau et de ses meilleurs héritiers (ténors et barytons, de Christoph Prégardien à Matthias Goerne) vous parait excessive, Florian Boesch est votre homme. Connu pour son interprétation très dramatique – voire expressionniste – du Voyage d’hiver (en CD chez Onyx), ce baryton au physique de rugbyman et à la voix à l’avenant, habitué du festival de Salzbourg (Mozart, Strauss) et des estrades internationales (Schumann, Schubert, Mahler, Wolf), fait subir le même sort à la pourtant plus fragile Belle Meunière. Plus de paysage bucolique, plus de frais ruisseau : dès les premiers lieder du cycle, la catastrophe est prévisible, le fil de l’eau suit une pente fatale, le héros est au bord du suicide. Cette violence est d’autant plus décalée que le pianiste Malcolm Martineau – accompagnateur de nombreuses vedettes, de Bryn Terfel à Angela Gheorghiu – s’en tient à une prudente réserve, là où l’on attendrait un surcroit de rugosité, au moins une plus grande inventivité. Et si Florian Boesch enregistrait maintenant Le Chant du Cygne avec un pianiste lui aussi jusqu’au-boutiste, dans le genre de Grigory Sokolov ?
François Lafon

Die Schöne Müllerin
Florian Boesch (baryton), Malcolm Martineau (piano)
1 CD Onyx 4112
1 h 03 min

mis en ligne le samedi 28 décembre 2013

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