Mardi 15 octobre 2019
Que faire aujourd'hui des mélodies de Ravel ?
Nora Gubisch s'empêtre dans des partitions surannées
Mélodies

Fauré, Debussy, Ravel, Poulenc… : au début du XXème siècle, la mélodie française fait florès. Un siècle plus tard, ces miniatures sont devenues de vrais casse-gueule : comment chanter aujourd’hui ces musiques aux inflexions souvent désuètes sur des paroles parfois un peu cucul la praline ? Avec leur côté élégiaque et déclamatoire, les poèmes d’Henri de Régnier, de Paul Gravollet ou d’Evariste-Désiré de Parny sont au-delà du kitsch, et lorsque les textes sont plus subtils, comme ici les Histoires naturelles de Jules Renard, la partition les étouffe plus qu’elle n’en fait ressortir la distance et l’ironie. C’est alors qu’on imagine ces mélodies interprétées par une chanteuse qui a du chien, comme on disait naguère, Suzy Delair, Juliette Gréco ou Juliette tout court. Nora Gubisch est aux antipodes. Elle chante avec un sérieux qui ajoute au côté poussiéreux, donne de la grosse voix quand on attend un murmure charmeur, finit par n’être à l’aise que dans les Mélodies hébraïques car son timbre convient particulièrement à la complainte.
Gérard Pangon

Histoires naturelles ; Trois chansons madécasses ; Cinq mélodies populaires grecques ; Tripatos ; Les Grands vents venus d'outre-mer ; Sur l'herbe ; Ronsard a son âme ; Rêves : Mélodies hébraïques (Kaddisch ; L'Enigme éternelle)
Nora Gubisch (mezzo-soprano), Alain Altinoglu (piano), avec Magali Mosnier (flûte) et Jérôme Pernoo (violoncelle)
1 CD Naïve V5304
1 h 02 min

mis en ligne le samedi 16 juin 2012

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