Lundi 14 octobre 2019
Quand le moteur tourne à vide
Beethoven en cinémascope par Sunwook Kim et Myung-Whun Chung
 
Le même, pas pareil
Brillance
et nuances
Concerto pour piano n°5 "L'Empereur" - Symphonie n°5

Un Beethoven en cinémascope En live à Séoul et avec “son” orchestre, Myung-Whun Chung dirige Beethoven. Grand son, basses nourries, larges tempos, à rebours de l’approche chambriste actuellement à la mode. Une option atemporelle, ignorant la marque des baroqueux dans ce répertoire, principalement représentée par des chefs comme Daniel Barenboim ou Christian Thielemann. Dans le 5ème Concerto « L’Empereur », le jeune Sunwook Kim, lauréat du prestigieux Concours de piano de Leeds, épouse sans peine cette vision en cinémascope : grand son, basses nourries, larges tempos. Pourquoi pas ? Il en a les moyens et va, ce qui n’est pas toujours les cas, exactement dans le même sens que le chef. L’ennui, c’est que trop souvent le moteur tourne à vide, que l’intérêt s’émousse, que cette musique trop connue ne raconte plus rien. Même problème dans la 5ème Symphonie, où l’orchestre – valeureux mais pas encore au niveau des grandes phalanges internationales – donne sans cesse son maximum, privilégie le son sur le sens, ce qui noie les contrastes et dilue les élans, au point de faire perdre tout son mystère à la géniale transition entre les deux derniers mouvements.
François Lafon

Concerto pour piano et orchestre n° 5 - Symphonie n°5
Sunwook Kim (piano)
Orchestre Philharmonique de Séoul
Direction musicale : Myung-Whun Chung
1 CD Deutsche Grammophon 481 031 2
1 h 14 min

mis en ligne le jeudi 16 janvier 2014

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