Mardi 15 octobre 2019
Quand le basset se prend pour un baryton
Haydn travesti par le Trio di Bassetto
Trios pour cor de basset d'après les trios pour baryton, alto et basse

Qu'a bien pu trouver Joseph Haydn de si passionnant dans le baryton pour composer 126 trios à son intention ? En réalité une seule chose l'a poussé à se montrer si productif pour un instrument peu utilisé : l'obligation d'offrir chaque semaine une nouvelle page à son patron, le Prince Esterhazy, joueur lui-même de baryton. Le résultat, sinon passionnant, offre au moins la possibilité d'apprécier la couleur particulière de cette curiosité qu'on aurait depuis bien longtemps oubliée sans ces trios. Les interpréter sur d'autres instruments n'ajoute pas donc grand chose, quand bien même il s'agit d'une autre rareté du XVIIIè siècle, le cor de basset, membre de la famille de la clarinette, très apprécié entre autres par Mozart. Bizarrerie sur bizarrerie, la seule justification de ce disque est donc d'offrir à un ensemble de cor de basset un répertoire dont il a besoin. Le procédé frôle le ridicule quand, pour imiter les pizzicati très particuliers du baryton, on fait appel à... la table de verres (l'adagio du trio n° 123 est même joué uniquement sur cette autre rareté). Avec ses sonorités veloutées, le Trio de Bassetto ne manque pas de qualités, mais les pages elles-mêmes ne sont pas du meilleur Haydn (il ne fallait pas trop demander au Prince, dilettante doué mais pas musicien professionnel) et forcément répétitives : quitte à les connaître, autant préférer les originaux, même à petite dose.
Pablo Galonce

Trios pour cor de basset d'après les trios pour baryton, alto et basse n° 96, 97, 65, 87, 69 (arr. Jean-Claude Veilhan)
Trio di Bassetto
1 CD K617 K617222
1 h 10 min

mis en ligne le vendredi 23 juillet 2010

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