Samedi 15 août 2020
Prendre le ciel d’assaut
Un Haydn majeur par des interprètes en grande forme
Haydn - Missa Cellensis

En mars 1766 meurt à 73 ans Gregorius Werner, maître de chapelle des Esterhazy. Haydn, jusque là vice-maître de chapelle, lui succède. Il revient à la musique d’église, pas forcément pour cette raison, et entreprend en 1766 sa Missa Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae en ut majeur, dite aussi Missa Sanctae Ceciliae. « Cellensis » est une référence au sanctuaire de Mariazell dans la province autrichienne de Styrie. C’est la plus vaste de ses messes, une messe-cantate (comme celle en ut mineur de Mozart), avec un Gloria en sept parties  dont un chœur initial, deux airs pour soprano et une fugue chorale terminale. L’air « Quoniam  tu solus » est spectaculaire, avec trompette et timbales. Dans la fugue « Et vitam venturi sæculi » du Credo, morceau d’anthologie, Haydn semble  « prendre le ciel d’assaut ». Les enregistrements de l’ouvrage sont nombreux, dominés jusqu’ici  par celui de Gerd Guglhör, réédité récemment dans un coffret Hänssler (avec les six messes de 1796-1802). Celui qui nous parvient aujourd’hui ne le supplante pas mais s’inscrit à ses côtés, avec l’avantage d’être disponible isolément. Il s’agit d’une exécution en concert. L’Akademie für Alte Musik de Berlin et les RIAS Kammerchor sont en grande forme, trompettes et timbales sont quand il le faut bien présentes, les ritournelles orchestrales sont parfois bondissantes. Une belle réalisation pour une œuvre majeure.
Marc Vignal
 

Missa Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae
RIAS  Kammerchor, Akademie  für Alte  Musik Berlin
Direction musicale : Justin Doyle
1 CD Harmonia Mundi HMM 902300
1 h 06 min

mis en ligne le lundi 9 décembre 2019

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.