Mardi 15 octobre 2019
Portrait inachevé d’une génération
Nicholas Angelich s’attaque aux trois génies du premier romantisme
Dedication

Liszt, Schumann, Chopin : les trois compositeurs-pianistes de la première génération de romantiques, celle de 1810, ont nourri des admirations mutuelles et parfois aussi des jalousies partagées. Réunir dans un même disque les pages dédiées par l’un à l’autre, trois chefs d’oeuvre essentiels du piano, est un véritable défi à ne pas effrayer Nicholas Angelich qui démarre avec la Sonate en si mineur (dédiée à Schumann) de Liszt. Par le pianiste qui a laissé une fabuleuse intégrale des Années de pèlerinage, cette page coulée dans un seul bloc mais aux caractères si divers donne parfois l’impression d’être jouée en dents de scie, tellement la virtuosité s’impose, surtout dans la fugue, plutôt que l’introspection. Après cette imposante entrée en matière, le reste du programme sonne comme une baisse de tension. Plus crépusculaire que fantastique, plus prosaïque que poétique, la Kreisleriana de Schumann (dédiée à Chopin) paraît une succession de moments sans connexion, une collection de scènes à la recherche chacune d’une atmosphère, sans que le pianiste parvienne vraiment à la trouver. Deux études de Chopin (les n° 10 et 12 de l’opus 10, dédié à Liszt) mettent la touche finale à ce portrait d’une génération avec la même virtuosité qu'au début, mais sans faire disparaître sensation d’inaccompli.
Pablo Galonce

Liszt : Sonate en si mineur - Schumann : Kreisleriana op. 16 - Chopin : Etudes op. 10, n° 10 et 12
Nicholas Angelich (piano
1 CD Erato 0190295990671
1 h 18 min

mis en ligne le jeudi 12 mai 2016

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