Mardi 18 septembre 2018
Pompes germaniques
Avec Bruckner, Valery Gergiev ne fait pas dans la dentelle
Symphonie n° 3

Bruckner chez lui à l’abbaye de St Florian avec le Philharmonique de Munich dirigé par Valery Gergiev, suite (le cycle, commencé en 2017, devrait se terminer en 2019). Pour être sous-titrée « Wagner » parce qu’elle est dédiée au compositeur de Tristan et Isolde, la 3ème Symphonie n’est pas encore tout à fait à la hauteur du sujet (c’est la 7ème qui le sera), deux ans avant la somptueuse 4ème « Romantique ».  Le problème des différentes versions – crucial chez Bruckner – s’y pose plus qu’ailleurs. La version originelle, truffée de citations wagnériennes, mise à part, c’est la dernière, (1888-89), la plus tronquée, qui fait figure de référence. Mais là n’est pas vraiment le problème dans cette captation live. Chef charismatique s’il en est, Gergiev, en "vrai", sait faire oublier les éventuelles carences de maturation musicale et de fini orchestral imputées à sa célèbre boulimie de concerts. A l’écoute de l’enregistrement, c’est la frustration qui gagne : soulignée par l’acoustique « d’église » de la basilique St Florian, la puissance est là, mais l’architecture se brouille, les détails disparaissent. Ni mystique (Eugen Jochum, chef brucknérien historique, est bien loin) ni analytique, cette interprétation musclée réactive l’image erronée autant qu'obsolète d’un Bruckner réservé aux seuls amateurs de pompes germaniques. Ce qui, de la part d’un chef russe, est un comble.
François Lafon

Symphonie n° 3 (version de 1888-1889, ed. Leopold Nowak)
Orchestre Philharmonique de Munich
Direction musicale : Valery Gergiev
1 CD Münchner Philharmoniker MPHL 0009
55 min

mis en ligne le lundi 27 août 2018

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