Lundi 14 octobre 2019
Point limite
Au festival de Bayreuth, un Vaisseau fantôme connecté
Der fliegende Holländer

Comme à Bayreuth on ne peut pas renouveler le répertoire (dix ouvrages, sept si l’on compte La Tétralogie pour un), on se rabat sur la façon de le représenter. Avec ce Vaisseau fantôme inauguré en 2012 et filmé l’année suivante, le système atteint un point (jusqu’ici) limite. Plus de mer, plus de vaisseau, mais un univers connecté où les chiffres de la bourse défilent sur des écrans, où un marchand de ventilateurs vend sa fille à un mutant engendré par cette obsession du profit. Le metteur en scène Jan Philipp Gloger ne manque pas d’un certain humour (après la catastrophe finale, l’usine se met à produire en série des figurines des deux héros), mais il a du mal à faire passer dans la parabole actuelle la dimension fantastique de la légende ancienne. Il a sans doute été gêné par la musique (problème récurrent à l’opéra), dont le chef Christian Thielemann semble prendre un malin plaisir à mettre en valeur les aspects les plus romantiques, quitte à parsifaliser cet ouvrage de jeunesse encore teinté de Weber et de lyrisme à l’italienne. Plateau adéquat mais pas transcendant, représentatif d’un Bayreuth de moins en moins fidèle à sa légende.
François Lafon

Der fliegende Holländer
Samuel Youn (le Hollandais), Ricarda Merbeth (Senta), Franz-Josef Selig (Daland), Tomislav Muzek (Erik), Christa Mayer (Mary), Benjamin Bruns (le Pilote)
Choeur et Orchestre du Festival de Bayreuth
Direction musicale : Christian Thielemann
Mise en scène : Jan Philipp Gloger
Réalisation : Michael Beyer
1 DVD Opus Arte OA 1140 D
2 h 45 min

mis en ligne le samedi 4 octobre 2014

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