Mardi 15 octobre 2019
Piano et patrie
Khatia Buniatishvili égrène son univers
Motherland

Est-ce pour éviter toute confusion avec la série télévisée à la mode que l’album s’intitule Motherland et non Homeland ? Ou bien est-ce parce que Khatia Buniatishvili y dévoile moins sa Géorgie natale que sa mère patrie pianistique, c’est-à-dire les partitions qui ont forgé sa jeune carrière ? Cette mosaïque commence, en tout cas, comme une petite ritournelle de boîte à musique, avec la célèbre aria de la Cantate dite de la chasse de Jean-Sébastien Bach, où la pianiste semble touchée par l’esprit d’enfance. Elle égrène avec joliesse cette transcription pour piano, sans tomber dans la mièvrerie ni chercher à trop en faire, ce qui est parfois sa tendance. Même chose dans les « petites » pièces qui suivent, Octobre des Saisons de Tchaïkovski ou Illusions perdues, l’une des Romances sans paroles de Mendelssohn. Pour le reste, mis à part la Pavane pour une infante défunte qu’elle réussit plutôt bien, son interprétation manque singulièrement de personnalité : Debussy, Brahms, Liszt, Chopin, Ligeti, tout procède de la même démarche, un trait un peu forcé, une recherche de l’émotion facile, un phrasé sans beaucoup de consistance. Avec cette pochette fleurie où Khatia Buniatishvili semble émerger d’un des sublimes collages cinématographico-poétiques de son génial compatriote Sergueï Paradjanov, on attendait quelque chose de plus singulier.
Gérard Pangon

Airs de Bach, Tchaïkovski, Mendelssohn, Debussy, Kancheli, Ligeti, Brahms, Liszt, Dvorak, Ravel, Chopin, Scriabine, D. Scarlatti, Grieg, Haendel, Pärt
Khatia Buniatishvili (piano)
1 CD Sony 3067512
1 h 05 min

mis en ligne le dimanche 22 juin 2014

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