Vendredi 18 octobre 2019
Peu de science, un peu de cœur
Une Petite Messe qui reflète Rossini
Petite Messe Solennelle

« Bon Dieu, la voilà terminée cette pauvre petite Messe, » écrit Rossini en implorant le Ciel, alors qu’il vient d’en achever la composition. « Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire ou de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opera buffa, Tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le Paradis. » Cinq ans avant sa mort, le compositeur, définitivement installé à Paris, se consacre plus à ses « péchés de vieillesse », petites pièces pour piano ou piano et voix qui évoquent les radis ou la gymnastique, les tritons ou le dodo des enfants, qu’à des œuvres sérieuses. Du coup, il ne résiste pas au plaisir d’intituler cette messe « petite et solennelle », avec un apparent paradoxe qu’on trouve d’ailleurs dans le reste de son œuvre où le tout venant côtoie les morceaux de bravoure. Ici, par exemple, à côté du très beau Kyrie figure un O salutaris hostia plutôt ordinaire pour ne pas dire trivial, d’autant que l’interprétation de Marina Rebeka ne brille pas par son élégance. Dans cette version orchestrée avec orgue (en 1867 par Rossini lui-même) et non avec deux pianos comme à l'origine, en 1863, les chœurs sont tout à fait en place et suivent attentivement le mouvement imprimé par Antonio Pappano avec un professionnalisme à toute épreuve mais sans éclat.
Gérard Pangon

Petite Messe Solennelle
Marina Rebeka (soprano), Sara Mingardo (contralto), Francesco Meli (ténor) Alex Esposito (basse), Daniele Rossi (orgue)
Chœurs et Orchestre de l’Académie Nationale Sainte Cécile de Rome
Direction musicale : Antonio Pappano
2 CD EMI 416742
1 h 23 min

mis en ligne le mardi 18 juin 2013

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