Mardi 19 juin 2018
Palpitations russes
Nikolai Lugansky sur les traces de Sviatoslav Richter
24 Préludes

Signe du destin, c’est au Concours Rachmaninov de Moscou 1990 que Nikolai Lugansky obtient, à l’âge de dix-huit ans, l’un de ses premiers prix. Depuis, il n’y a sans doute pas une œuvre pour piano du compositeur russe qu’il n’ait jouée et rejouée, et son premier enregistrement des Préludes date de 2001. Quand il interprète Rachmaninov, donc, Nikolai Lugansky est chez lui, comme pouvait l’être Sviatoslav Richter, l’un de ses modèles. Certes, il est moins torturé que son aîné, mais comme lui, il ne cherche pas à briller : en grand amateur d’échecs, il considère ces Préludes comme autant d’instantanés rigoureusement structurés qui avancent de manière inéluctable et invitent l’auditeur à s’ouvrir vers d’autres horizons. D’aucuns pourraient lui reprocher d’intellectualiser ces petites formes, d’être parfois un peu sec, mais cette sécheresse fait justement merveille dans Rachmaninov pour fuir les guimauves sentimentales dont on affuble parfois le compositeur. L’album commence par le célèbre Prélude en ut dièse mineur issu des Cinq morceaux de fantaisie, où Nikolai Lugansky donne le ton : les accords initiaux palpitent de manière impressionnante.
Gérard Pangon

Prélude op.3 n°2 ; Dix préludes op.23 ; Treize préludes op.32
Nikolai Lugansky (piano)
1 CD Harmonia Mundi HMM 902339
1 h 22 min

mis en ligne le lundi 5 mars 2018

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