Jeudi 17 octobre 2019
Oratorio passe-partout
Le prolixe Antonio Caldara pas très inspiré par la Passion
Morte e sepoltora di Christo

Lorsqu’Antonio Caldara écrit cet oratorio destiné à être interprété durant le carême 1724, il est installé à Vienne depuis presque dix ans, et il compose déjà à tour de bras. Est-ce la raison pour laquelle on a l’impression qu’il n’est pas vraiment sensible à ce texte ? Morte e sepoltora di Christo, qui se veut une évocation douloureuse de la Passion par cinq personnages qui l’ont vécue de près, ne témoigne ni d’un grand recueillement, ni d’une intense méditation. C’est une succession de morceaux de bravoure avec ornementations ad hoc qui mettent autant en valeur les chanteurs que les instrumentistes souvent chargés de colorer l’atmosphère par leurs contrepoints. Mais il est vrai que ce style est de mise à la cour de Charles VI de Habsbourg, lequel a justement appelé pour cette raison le compositeur vénitien près de lui. Antonio Caldara s’acquittera d’ailleurs très bien de cette tâche puisqu’il composera des dizaines d’opéra tous bien appréciés de son employeur. Il n’empêche, cet oratorio plus enclin à la mélodie classique et passe-partout qu’à la subtilité baroque n’est pas des plus captivants, en dépit des efforts de Fabio Biondi et de ses musiciens.
Gérard Pangon

Morte e sepoltora di Christo
Maria Grazia Schiavo (soprano), Silvia Frigato (soprano), Martina Belle (alto), Anicio Zorzi Giustiniani (ténor), Ugo Guagliardo (basse)
Stavanger Symphony Orchestra
Direction musicale : Fabio Biondi
2 CD Glossa GCD 923403
2 h 05 min

mis en ligne le samedi 4 avril 2015

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