Lundi 27 mai 2019
Opus princeps
Clôture en beauté de la Schubert Edition de Matthias Goerne
 
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Winterreise

Dernière étape d’un parcours schubertien en onze CD, deux-cent-huit lieder, un baryton et sept pianistes, ce Voyage d’hiver est aussi le troisième de Matthias Goerne, après son enregistrement « de jeunesse » (Hyperion - 1997) accompagnée par Graham Johnson et son live londonien (Decca - 2004) avec Alfred Brendel au piano. Pas la peine de chercher les plus et les moins de cette nouvelle interprétation par rapport aux précédentes : en concert, elle était d’abord un dialogue comme jamais entre la voix et le piano, une entente incroyable entre Goerne le pataud et Christoph Eschenbach le guindé se retrouvant à respirer ensemble, à se taire ensemble, à se soutenir et même à se contredire. Sans l’image et sans public (enregistrement Teldex Studio, Berlin – 2011), ce grand moment de théâtre-non-théâtre alla Samuel Beckett est un peu moins fascinant, et pourtant tout est là, par la façon dont Goerne donne le texte, sans le surexposer selon la tradition de Dietrich Fischer-Dieskau, par celle dont Eschenbach prend toutes les libertés avec la barre de mesure pour attendre ou précéder son partenaire, pour brosser des paysages hostiles ou rêvés. Avec ce dernier opus en tout cas, Goerne achève de gagner le pari de cette Schubert Edition, à la fois hyper-subjective et (pour l’instant) définitive.
François Lafon

Voyage d'hiver
Matthias Goerne (baryton), Christoph Eschenbach (piano)
1 CD Harmonia Mundi HMC 902107
1 h 15 min

mis en ligne le lundi 24 novembre 2014

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