Mardi 17 juillet 2018
Ombres et lumières
Une Lucia idéale entourée d'un trio d'hommes idéal
Lucia di Lammermoor

La première de cette Lucia, à Covent Garden, avait été précédée de rumeurs les plus vives. La mise en scène de Katie Mitchell serait résolument féministe, une parabole sur le monde cruel des hommes : les femmes, pour y vivre, ne peuvent qu’y survivre. Dans la réalité, la mise en scène de Katie Mitchell est loin aussi tranchée, plus duale que binaire, s’attachant à s’interroger sur qui, de Lucia, ou des hommes qui l’entourent, perd la raison. La chaleur de l’une et la froideur des autres, les femmes en blanc et les hommes en noir, des femmes habillées en homme, le plateau lui-même scindé en deux, une moitié pour la réalité, l’autre pour les réminiscences, incarnent ce que pourrait être l’image de la schizophrénie. L’ambiguïté, marque essentielle de cette mise en scène, parcourt l’œuvre tout entière. Elle habite Diana Damrau, qui n‘en finit pas d’incarner Lucia partout dans le monde, d’une façon si incontestée qu’on lui pardonne ses faiblesses dans les aigus extrêmes. Entourée d’un trio d’hommes idéal – Charles Castronovo, Ludovic Tézier et Kwangchul Youn, - la magie en clair-obscur emporte l’attention et l’adhésion. Magie soutenue par Royal Opera House Orchestra, dirigé par un Daniel Oren soucieux de mettre en valeur les subtilités de la partition de Donizetti et de traduire en musique les dualités de la mise scène. 
Albéric Lagier

Lucia di Lammermoor
Diana Damrau (soprano), Charles Castronovo (ténor), Ludovic Tézier (baryton), Kwangchul Youn (basse)
Royal Opera House Orchestra
Direction musicale : Daniel Oren
Mise en scène : Katie Mitchell
Réalisation : Margaret Williams
1 DVD Erato
2 h 33 min

mis en ligne le samedi 9 décembre 2017

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