Vendredi 3 avril 2020
Ode à la joie contenue
Haitink dit adieu à Beethoven avec une Neuvième crépusculaire
Symphonie nr. 9

Est-ce l’effet de l’annonce de la retraite définitive de Bernard Haitink, qui après une carrière bien remplie a quitté la scène quelques mois après ce concert ? Toujours est-il que l’impression que laisse cette Neuvième munichoise est celle d’un long adieu. Dans une intégrale pas toujours convaincante, Haitink avait essayé avec le Symphonique de Londres, s’appuyant sur les éditions les plus « up to date » philologiquement, une interprétation allégée des symphonies de Beethoven avec des clins d’œil vers les baroqueux tout en gardant un pied dans la tradition. Si l’approche est la même ici, le résultat n’est pas tout à fait le même : la sonorité plus sombre de l’Orchestre de la Radio de Bavière n’est pas pour rien dans cette impression compacte, qui s’ajoute aux tempos bien commodes pris dans les deux premiers mouvements. C'est dans l’Adagio, curieusement plutôt rapide, très « baroqueux », que Haitink entre vraiment en phase avec Beethoven. Le dernier mouvement est aussi inégal que ce qui le précède et ce n’est qu’avec l’entrée pleine d’autorité de Gerald Finley que le ton est trouvé. Hésitant au début, le chœur de la Radio Bavaroise est l’un des atouts de cette interprétation, qui se termine dans une joie très mesurée mais pleine de noblesse.
Pablo Galonce

Symphonie n° 9 en ré miner op. 125 "Ode à la joie"
Sally Matthews (soprano), Gerhild Romberger (alto), Mark Padmore (ténor), Gerald Finley (basse)
Choeur et Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise
Direction musicale : Bernard Haitink
1 CD BR Klasik 900180
1 h 11 min

mis en ligne le vendredi 27 décembre 2019

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