Mardi 15 octobre 2019
Nonnes perdues sans couvent
Une relecture radicale de l'opéra de Poulenc - DVD
Dialogues des Carmélites

Lancé par un Eugène Onéguine relativement sage importé du Bolchoi de Moscou au Palais Garnier, Dmitri Tcherniakov s’est depuis révélé beaucoup plus radical : Don Giovanni dans un salon (grand) bourgeois, Macbeth chez les (petits) bourgeois, et, en 2010 à Munich, Dialogues des Carmélites … sans Carmélites. Plus de Révolution française, plus de couvent, tout juste une thématique chrétienne, parce qu’il faut bien dire le texte. Et pourquoi, d’ailleurs, ne pas écrire de nouveaux dialogues sur la musique de Poulenc ? Cela ferait taire la réputation d’opéra réactionnaire que traîne l’ouvrage. Nous sommes donc dans un pays totalitaire, où une jeune fille minée par la peur se réfugie dans une communauté de femmes installées dans un curieux cocon, à la fois intime et ouvert sur l’extérieur. C’est en faisant sauter leur refuge avec des bouteilles de gaz que ces résistantes échapperont à l’angoisse ambiante. Comme toujours avec Tcherniakov, ce scénario extrême est défendu avec une logique imparable et servi par une direction d’acteurs exceptionnelle à l’opéra. Dommage que, sous la direction froide mais soutenue de Kent Nagano, le plateau vocal soit inégal. Suzanne Gritton, dans le rôle de Blanche, est, en particulier, ce qu’on appelle une erreur de distribution.
François Lafon 

Dialogues des Carmélites
Susan Gritton (Blanche), Sylvie Brunet (Madame de Croissy), Soile Isokoski (Madame Lidoine), Susanne Resmark (Mère Marie), Hélène Guilmette (Soeur Constance)
Choeur et Orchestre de l'Opéra de Bavière
Direction musicale : Kent Nagano
Mise en scène : Dmitri Tcherniakov
Réalisation : Andy Sommer
1 DVD BelAir Classiques BAC061
2 h 33 min

mis en ligne le jeudi 14 juillet 2011

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